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ERPÉTOLOGIE

GÉNÉRALE

OU

HISTOIRE NATURELLE

COMPLÈTE

DES REPTILES,

Par a. M. C. DUMÉRIL ,

MEMBRE DE d’institut, PROFESSEUR A DA FACUDTÉ DE MÊDECINF. , PROFESSEUR ET ADMINISTRATEUR DU MUSEUM d’uISTOIRK NATURELDE, ETC.

-ET PAR G. BlBRON ,

Allie NATt'DAtlSTK MCSÉUM n’iUSTOIRB NATVBELLB.

TOME SECOND.

CONTE» INT d’iMSTOIRE DE TOUTES DES ESPÈCES DE d’oRDRE DES TOR EUES OU CHÉLONIENS,

ET LFA GÉNKRADITÉS DE CEDUI DES DÉZARDS OU SAURIENS.

OUVRAGE ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES.

PARIS

X.IBB.ÀXB.I1; EMCYCÏ.OPÉBÏQÏJE DE IVORET,

RUE UAUTEFEÜIDDE, n“ 1 ü DIS.

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AVERTISSEMENT.

Ce second volume renferme la description détaillée et méthodique de toutes les espèces de Tortues réu- nies maintenant pai- les naturalistes sous le nom de Chéloniens. Il comprend aussi la classification des Reptiles Sam-iens en familles naturelles, avec l’ex- posé des connaissances acquises sur l’organisation , les mœurs et l’histoire écrite de ces animaux, qu’on désigne généralement sous le nom de Lézards.

Nous répétons avec une sorte de vanité nationale qu’aucun ouvrage de Zoologie descriptive ne pouvait être pubhé sous l’influence de circonstances plus avan- tageuses. Appelé depuis plus de trente ans à diriger les collections qui nous étaient confiées , nous avons eu le bonheur de les voir s’accroître, se développer dans toutes leurs séries, et s’augmenter à uii tel point que dans l’ordi’e des Chéloniens en particulier, d’abord nous aurions pu compter à peine une quin- zaine d’espèces parmi celles qui étaient inscrites sur les registres de la science, nous avons aujourd’hui, dans cette année 1 835 , constaté sur nos catalogues l’existence de plus de cent espèces parfaitement dis- tinctes et bien conservées, sans compter les exem- plaires doubles et les variétés d’âge et de sexe; car la totahté se compose de deux cent quatre-vingts in- dividus. Nous avons l’espérance que la suite de cet ouvrage offrira de semblables résultats pour les trois autres ordres de la même classe des Reptiles.

ij AViiUTISSÜMli:jNT.

Nous saisissons roccasion que nous offre la publi- cation de ce volume pour proclamer les sei'vices que nous ont rendus, par leurs communications géné- reuses et par leur savante correspondance , plusieurs naturalistes distingués de l’Angleterre, de l’Allema- gne, de l’Italie et de la Hollande, et nous en témoi- gnons notre reconnaissance à MM. Bell, Bennett, Clifft et Gray de Londres ; Boïé de Kiel , frère du célèbre voyageur mort à Javaj Charles Bonapai’te, prince de Musignano, à Rome , et Scblegel, 1 un des conservateurs du musée des Pays-Bas , à Leyde.

Nous nom plaisons aussi à remercier publique- ment M. Roret, notre libraire, des sacrifices généreux qu’il s’est imposés, en faisant domier à cette Histoire des Reptiles plus de perfection pour l’exécution typographique et celle des douze planches nou- velles qui accompagnent ce volume. Quoique ré- duites au format in-S-, les figures expi'iment net- tement et sous divers aspects les caractères des espèces rapportées aux vingt-deux genres de l’ordre des Chéloniens.

Tous les dessins sont originaux ; ils ont été exécu- tés d’après nature et sur les objets mêmes par un peintre habile et bon observateur, qu’il suffira de nommer aux naturalistes pour inspirer leur con- fiance : cet artiste est M. Prêtre , qui a bien voulu répondre de l’exactitude des gravures. Elles sont en effet très soignées.

Au Muséum d’Hisloiie naturelle, le C mai 1835.

INDICATION DES PLANCHES

SE RAPPORTANT A LA SECONDE LIVRAISON

D£S RBPTlIiES.

PLANCHE XIU.

1 . Tortue Sillonnée.

2. Pyxide Arachnoïde.

PLANCHE XIV.

1. Homopode Aréole.

2. Cini.xys de Home.

PLANCHE XV.

1 . Émyde Ocellée.

2. Cistude d’Amboine.

PLANCHE XVI.

1. Télronyx de Lesson.

2. Plalysterne Mégacéphale.

PLANCHE XVII.

1. Émysaure Serpentine.

2. Staurotype Musqué.

PLANCHE XVIII.

1 . Cinosterne de Transylvanie.

2. Peltocéphale Tracaxa.

PLANCHE XIX.

1 . Podocnémide Élargie.

2. Pentonyx du Cap.

PLANCHE XX.

tome II, page 74 i56

146

161

520

216

338

344

350

368

367

378

383

390

1. Sternothère Marron.

2. Platémyde Bossue.

401

416

PLANCHE XXL

1, Chélydc Matamala. 455

2. Chélodine de la Nouvelle-Hollande. 443

PLANCHE XXII.

1 . Gj'mnopode Spinifère. 477

2. Cryplopode Chagriné. 501

PLANCHE XXIII.

1 . Chélonée Marbrée. b46

2. Chélonée Imbriquée.^ b47

PLANCHE XXIV.

1. Chélonée de Dussuniier. h57

2. Sphargis Lulh.

HISTOIRE NATURELLE

DES

REPTILES.

SUITE

DU

LITRE TROISIÈME.

SE Ii^ORSRE DES TORTUES OU CHÉLOKriEUS.

CHAPITRE IV.

FAMILLE DES CHEUSITES OU TORTUES TERRESTRES.

Nous commençons l’iiistoire particulière des fa- milles et des genres de Tortues, par l’étude des espèces dont les pattes sont courtes, dont les doigts sont h peine distincts, parce que nous verrons successive- ment ces principaux organes du mouvement prendre un autre mode de développement dans les familles suivantes. Nous serons ainsi conduits naturellement vers les espèces de Lézards, voisines des Crocodiles, qui s en rapprochent le plus par les moeurs, la con-

REPTILES, II. /,

r ■* ' '■ ;

5 TORTUES TERRESTRES

formation générale et par leur séjour habituel dans les eaux des lacs , des fleuves et des mers.

Ce groupe des Cliersiles n’est pas lui-même parfai- tement limité, car quelques espèces des genres inscrits par nous dans la famille suivante , celle des Élodites , semblent former un passage naturel entre les Tor- tues terrestres et celles des marais. Telles sont la Gis- tude de la Caroline et l'Émyde de Mublenberg , qui sont bien réellement desPaludines à doigts distincts, quoiqu’elles n’aient que des membranes très courtes et les pattes peu palmées.

Voici les caractères principaux qui distinguent, au premier aspect, la famille des Cbersites ou Tortues de terre, des trois autres divisions qui constituent l’en- semble de l’ordre des Gbéloniens et dont elle réunit en effet tout les attributs principaux que nous répé- tons ici. Savoir : le corps court, ooale, hombé, couvert d une carapace et d’un plastron; quatre pattes; point de dents. Mais la distinction principale peut être énoncée par cette simple note tirée de la conformation des membres et qui indique parfaitement le genre de vie : des pattes en moignon. Ce qui rappellera que les pattes sont courtes , informes, quoique h peu près d’égale longueur , à doigts peu distincts , presque égaux, immobiles, réunis par une peau épaisse et confondus en une sorte de masse tronquée, calleuse au pourtour, et en dehors de laquelle on distingue seule- ment des étuis de corne, sortes de sabots qui, pour la plupart, correspondent aux dernières phalanges qu’ils emboîtent, et ])ar suite que ces animaux vivent uni- quement sur la terre et jamais dans les eaux.

^ Mais à ce caractère essentiel des pattes tronquées en moignon arrondi , on pourrait en ajouter plu.sieurs

OTJ CèÉLOlnENS CHERSITES. ^5

autres, moins généraux ou moins constans, que nous exposerons en détail dans l’examen que nous allons faire de cette famille et que nous résumerons à la fin de ce chapitre avant de présenter l’iiistoire et la des- cription particulière des quatre genres et des espèces que nous avons cru devoir y inscrire.

Il fautcependant établir de suite que les trois autres groupes du même ordre des Chéloniens en diffèrent par la forme des pattes, comme nous venons de le dire, et que les espèces ainsi réunies en familles ne peuvent être confondues, à cause des particularités suivantes, que nous allons rappeler à la mémoire l’observateur naturaliste.

1” Les Tortues marines ou Tlialassites ont la partie moyenne du corps ou la carapace très déprimée, etleurs deux paires de pattes, inégales en longueur, sont apla- ties, en forme de rames ou de nageoires solides, parce que leurs doigts sont toujours confondus et à peine distincts les uns des autres dans ces sortes de palettes. 2 Les espèces qui habitent les terrains marécageux et qui constituent la famille des Paludines ou Élodi- tes, ont les doigts séparés, ou plutôt mobiles isolé- ment, garnis d’ongles crochus, le plus souvent palmés ou réiims à leur base par des membranes , à peu près comme dans noscanards ; maisla transition des trois fa- milles est pour ainsi dire insensible, d’une part, entre les

espèces du genreCistude,etde l’autre, entreles Chély- des et toutes les espèces que l’on a appelées d’abord Tor- tues molles. 3” Celles-ci, en effet, qui vivent dans les grandsfleuves, et qu’on a nommées à cause de cela FIu- vialesou Potamites, ont aussi des doigts dont les phalan- ges sont palmées ou liées entre elles par des membranes; elles ontdes ongles pointus, au nombre de trois seule-

4.

4

TORTUES TERRESTRES

ment à cliaque patte; leur bec acéré et trancliant sur les bords est constamment muni en deliors de replis delà peau qui simulent des lèvres et qui n’ont été jusqu’ici observés que sur les espèces de cette famille. D’ailleurs, leur carapace osseuse est , comme on le sait , recou- verte d’une peau coriace dont les bords cbez la plupart restent flexibles et flottans sur les côtés du corps.

Enfin nous devons rappeler, comme un caractère naturel et accessoire, que toutes les espèces de ces trois familles peuvent vivre dans l’eau et y nager avec facilité, ce qui est presque impossible aux Cbersites, à cause de la conformation de leurs pattes (i).

Cette famille des Cbersites correspond à peu près à celle qui avait été proposée par Bell (2), et adoptée par M. Guat (3), sous le nom de Testudinés. Wa- GLER (4) avait aussi indiqué la même coupe, et il en

(I) Nous avons retrouve dans Gesner, Hist. a/iim., li}j. 4, édition de Franfcfort de 1G20 , à la page 928, un aperçu de cette même division, et un corollaire que nous allons copier ici pour montrer jusqu’à quel point nos divisions se rencontrent avec celles de cet auteur.

COROLLARIUM DE TESTÜDINIBUS IN GENERE.

Testiido aut est

/ terreslris.

aquatica , aut in

[ Testudo marina , Xîàcôvvj Oa/a.csla,

(mari |

( mus mariuus , //.à; 6u.XKTtioi,

aqu;\ dulci

puriorà, ut lacubus , amnibus. I^cœnosâ, ut paludibiis.

(2) oyez tome 1 de cet ouvrage, page 419 , note 1.

(3) Ibidem , page 269 , notes 1 et 2.

(4) Ibidem, page 287.

ou CHÉLONIENS CHEIISITES.

5

avait fait la tribu des Tylopodea. Nous aurions con- servé l’une ou l’autre de ces dénominations, si nous n’avions eu quelques raisons de préférer celle que nous proposons. Ce n’est pas dans le ridicule désir d innover et de prendre une sorte de suprématie dans la science, en y introduisant ces nouvelles expressions. Nous n’a- vons jamais mis unegrandeimportanceh la création de ces mots par lesquelsnous cliercliionsh exprimer briè- vement quelques idées particulières. Tout en noussou- mettant aux règles grammaticales, nous nous sommes efforcés de conserver de l’harmonie et de la concor- dance dans les termes, avec l’espoir de les rendre plus faciles à prononcer et à les livrer à la mémoire. Nous avons cru nécessaire de nous assujettir à une sorte d’analogie et de régularité dans les noms, propriétés d’expressions que nous avons regretté de ne pas re- connaître dans les désignations dont nous venons de parler. En effet, Bell, après avoir employé l’expression de Testiidinés(Testudùiata)Ÿ^uv désigner l’ordre en- tier des Cbéloniens, qu’il subdivise en Digités et en Pinués , emploie d’abord le terme de Testiidinidés pour indiquer la famille dont nous nous occupons, puis les noms d! Émydés , de T rionj cliidés y qu’il fait dériver, comme on le voit , de l’un des genres que ces groupes réunissent ; il en est de même des Sphargidés et des Chélonidés. Telle est encore h peu près la no- menclature adoptée par M. Fitzimger (i). Enfin pour dé.signer chacune de ses tribus, Wagleu compose de mots grecs les noms qu’il propose ; ils sont au nombre de trois : les Oiacopodes (pattes en rames) ; les Stéga-

(t) Voyez tome 1 de cet ouvrage , page 278.

0 TORTUES TERRESTRES

nopodes (pattes palmées) et les Tylopodes (pattes cal- leuses), qui par le fait, et en d’autres termes , sont les trois sous-genres du Systeina naturœ de Linné (i).

Nos divisions étant différentes pour le nombre des familles et pour les caractères que nous leur assignons, il devenait nécessaire de les désigner par des mots propres à les indiquer ; quant à ceux que nous étions forcés d’employer, nous avons fait en sorte qu’ils pus- sent tout à la fois servir h dénoter le genre de vie , les habitudes des espèces que ces familles réunissent, car les formes et l’organisation sont toujours d’accord avec les mœurs des animaux.

Cette première famille des Cliersites ne compi’end que quatre genres, comme la tribu correspondante de Bell et de Wagler. Nous sommes parfaitement d’ac- cord avec ces auteurs pour ce qui concerne les genres Testudo, Pyxis et Cinixys; mais nous différons d’o- pinion d’abord avec M. Gray, h l’égard de son genre Chevsinay établi d’après ce caractère, trop peu impor- tant, de n’avoir que onze plaques sternales , au lieu de douze. La Tortue anguleuse, qui lui sert de type , est génériquement semblable aux autres, sauf cette diffé- rence indiquée et qui pourrait être regardée comme tout-à-fait spécifique.

Si nous n’adoptons pas non plus le genre Chersus de Wagler, c’est qu’il ne lui assigne qu’un seul carac- tère tiré de la mobilité de la partie postérieure du plastron : on ne peut l’apercevoir véritablement qu’au- tant quela Tortue estencore vivante, car après la mort.

(1) V !}jret lome i de cet ouvrage, page 287.

Otr CHÉLOJJIENS CHERSITES. 7

le ligament qui unit la pièce mobile du sternum à celle qui est fîxe,sedesscclie, et il devientimpossibledecon- stater cette particularité. En outre on rencontre parmi les Tortues proprement dites , quelques espèces dont les femelles, à l’époque de la ponte, ont aussi cette même portion du sternum légèrement mobile , ainsi que nous nous en sommes assurés plusieurs fois. Nous laissons donc avec les Tortues, l’espèce que Schoepf avait nommée Bordée ^Marginata^ , queW agler indi- que comme le type de son genre Chersus et qu’il dit avoir figurée sous le n" 25 de ses planclies litho- graphiées, où nous ne l’avons pas trouvée.

Le quatrième genre , celui que nous avons particu- lièrement introduit dans cette famille , que nous appelons Homopodc (Homopus), exprime et fait connaître par son nom une circonstance , une dispo- sition tout-à-fait unique; c’est que le nombre de ses doigts est absolument le même aux pattes antérieures qu’aux postérieures; on n’y distingue , en effet, que quatreongles. La Tortue Aréolée, figuréepar Schoepf, planche 23, lui sert de type et semble faire véritable- ment la transition de cette famille à celle des Palu- dines, parce que les doigts de ces espèces commencent a devenir légèrement distincts les uns des autres.

Maintenant que nous avons exposé les motifs prin- cipaux qui ont engagé les derniers naturalistes à rétablir, d’après les indications d’Aristote suivies par Linné, ce groupe des Tortues terrestres, nous allons indiquer ce qui est général dans la conformation , l’organisation et les mœui’s de cette famille des Cher- sites.

Nous ferons d’abord remarquer que presque toutes

8

TOKTUlîS ïlillRESTllES. les espèces de cette famille ont la partie moyenne ou principale du corps couverte d’une carapace très bombée, cpxelquefois plus haute que larfje, sous la- quelle peuvent se retirer la tête , les pattes et la queue. Chez quelques unes cependant, la convexité s’abaisse et se déprime de manière à ce que cette partie du corps se rapproche de la forme des Élodites, qui ont le bouclier plus lar{je que haut. Le pourtour de la carapace est presque régulièrement ovale dans la Tor- tue grecque ; quelquefois il est beaucoup plus large en arrière qu’en devant, c’est le cas de la Tortue de Perrault. Nous ne connaissons pas d’espèces chez les- quelles la carapace soit plus large en avant, comme cela a lieu chez toutes les Thalassites. Quelquefois la boîte osseuse est allongée , presque de même largeur à ses deux extrémités, arrondie sur les côtés comme sur le dos, et présentant ainsi de droite à gauche une sorte de portion de cylindre aplati ou coupé infé- rieurement dans le sens de sa longueur. Telle est la Tortue Charbonnière ( Carbonaria ) , de Spix,

Il est des espèces qui ont une carapace presque hé- misphérique. Nous donnerons pour exemple la Tortue Coui (Radiata), de Shaw ; de même que parmi celles qui ont le dos légèrement abaissé , nous cite- rons la Tortue Polyphème et la Cinixjs àeWoME.

Chez le plus grand nombre des Chersites , le pour- tour marginal, ou les bords de la carapace, dont la hauteur est sujette à varier, s’inclinent plus ou moins pour aller rejoindre et recevoir le plastron. Dans quelques cas, ce bord est presque horizontal posté- rieurementj telle est la Tortue Bordée, dont Waglee avait fait le genre Chersus,

ou CHÉLONIENS CHERSlTES.

0

Il arrive souvent que ce Lord libre se relève au dessus des régions qui correspondent au cou et aux pattes; c’est ce qu’on voit dans la Tortue de Vosmaeii. Tantôt le pourtour de la carapace est parfaitement uni dans toute son étendue, comme dans la Tortue Polyplième; tantôt, aucontrairCj il offre non seule- ment une large écliancrure en V au dessus du cou, telle est la partie antérieure de la carapace dans la Tortue Panthère; ce bord a parfois des dentelures au dessus des bras , des cuisses et de la queue ; ou bien il forme une arête saillante sur chacun des flancs, et se relevant du côté du dos^ il produit au point de sa jonction au plastron , une sorte de sillon ou de gout- tière, comme on le voit dans l’Aréolée , espèce que nous avons inscrite dans le genre Homopode.

A l’exception des deux espèces du genre Cinixjs y toutes les Cbersites ont le bouclier supérieur formé de pièces osseuses tellement engrenées par leurs sutures , qu elles ne sont susceptibles d’aucune sorte de mouve- ment, et quelles présentent en général la voûte la plus résistante, la plus solide. Dans les deux pre- mièi'es espèces que nous venons de citer, la portion postérieure de la carapace n’est pas unie h l’antérieure par une charnière mobile dont les pièces seraient re- tenues par des ligamens élastiques , il n’y a qu’une lame osseuse et flexible qui permet au battant pos- térieur de se mouvoir en s’abaissant ou en se soule- vant avec force , pour s’appliquer contre le plastron.

Le sternum , ou le plastron des Cbersites offre aussi plusieurs particularités remarquables; les pièces qui le composent forment un tout solide dont la partie plate ou inférieure se nomme le corps, garni latéra-

\0 TQIITUÇS TEKRESTRES

lement de portions qui se relèvent vers la carapace , pour s’y articuler par symphyse ^ c’est ce qu’on a nommé les ailes, lesquelles forment avec les pièces moyennes et principales un angle plus ou moins ouvert. Le plus souvent , le corps du plastron est plat ou à peu près sur un même plan. Quelquefois, au contraire, il offre une concavité qu’on avait cru être

I. è signe distinctif des mâles; mais comme on a re- connu depuis que des individus femelles, dans les- quels on a trouvé des œufs, avaient le plastron con- cave , on est porté à penser que cette conformation n’est qu’une simple variété individuelle, qui paraît indépendante de l’un ou de l’autre sexe.

Il y a plusieurs Chersites chez lesquelles le plas- tron est doué de mobilité, soit dans ses pièces anté- rieures,soit dans la région postérieure. Le genre de Bell, que nous avons adopté, est d,ans le premier cas; celui que Wagleu avait proposé sous le nom de Chersas nous offrirait la seconde (disposition. Nous avons déjà dit que nous n’avions pas cru devoir sé- parer cette espèce , désignée sous le nom de Bordée , du genre Tortue elle avait été inscrite; d’ahord , parce que cette mobilité , qui en ferait le caractère essentiel, est bien peu sensible, puisqu’il n’y a pas de véritable charnière ligamenteuse, comme dans les Pyxis et les Ginixys ; ensuite on a dit qu’on avait rencontré, parmi les Tortues propi'emenl dites , des individus fetnelles qui, à l’époque elles pondent, n’ont pas cette portion postérieure du sternum lelle- ipent soudée à l’antérieure quelle ne puisse un peu s’écarter de la carapace et offrir un léger mouvement.

II, résuUe d^ que la mobilité de la portion pqsté-

44

OtT CHÉLQ]i5rXliI4.S çaÇRSIXKS.

rieure du sternum , chez les Tortues Moresque et Bordée, ne peut véritablement être, considérée comme un véritable caractère de genre.

Le plastron est rarement aussi long que la carapace,; il ari’ive cependant qu’il la dépasse quelquefois en avant; son extrémité est alors rétrécie et anguleuse, comme chez les espèces de Tortues qu’on a nommées Polyphème et Anguleuse : le plus souvent il est tronqué, ou échancré antérieurement comme posté- rieurement.

Parmi les Chéloniens, la famille des Chersites est celle dont la boite osseuse es,t composée de pièces qui offrent le plus d’épaisseur et le plus de poids rela- tif, même après la dessication. Nous pourrions citet’ en exemple les Tortues IVIarquelée et Charbonnière, toutefois lorsqu’elles sont parvenues au plus haut terme de leur développement. 11 est bon aussi de re- marquer que toutes les parties de ce coffre osseux des Tortues terrestres sont coinplèiement solidifiées avant que l’animal soit parvenu à l’état adulte; ce qui n’est pas de même chez certaines Elodites en parti- culier, et ce qui n’arrive jamais ni aux Potamites ni aux Thalassites. Il n’est pas moins remarquable que parmi les Tortues terrestres, ce sont justement celles dont la taille est la plus considérable qui offrent le moins d’épaisseur et de matière pesante ; ainsi la Tor- tue Eléphanline, la Géanio, ÇElephantina , Gigas.) , sont proportionnellement moins lourdes que les au- tres espèces dont le volume est souvent moitié moins considérable que le leur.

Quoique la carapace des Chersites soit toujours bonx-

TOftTUES TEB.RESTUE3

Ifl

bée, la voûte quelle produit n’est pas constamment uniforme ou également élevée. Chez plusieurs espèces, on observe sur sa convexité des protubérances qui sont simplement arrondies, comme cbez la Tortue de Daudin ; mais il arrive aussi que chacune de ces émi- nences offre autant de pans ou de faces anguleuses ou arrondies, que les plaques écailleuses sous les- quelles elles se trouvent. C’est ce qu’on peut obser- ver dans la Tortue géométrique, dont l’intérieur de la carapace présente les mêmes enfoncemens que les reliels saillans de la convexité. De tous les Cbélo- niens, les Chersites sont pour ainsi dire les seules espèces sur la cai’apace desquelles on remarque cette disposition; car, à l’exception de la Cbélyde Mata- mala , cbez les Elodites et les Tbalassites , ce sont plutôt des carènes que des protubérances ; et d’un au- tre côté , la carapace des Chersites n’est jamais ca- rénée.

Les Chersites ont constamment treize plaques cor- nées sur le disque de la carapace. Le nombre de celles du pourtour varie de vingt-trois h vingt-cinq, et on en compte au sternum le plus souvent douze, quelquefois onze seulement. Ces plaques écailleuses ne sonl jamais placées en recouvrement ou imbriquées les unes sur les autres, comme onl’observe chez quelques Elodites et surtout dans les espèces de Chéloaiens qu’on a nommées Caret ou Tuilée, qui appartiennent à la fa- mille des Tbalassites.

Cesîamescornéessont polygones, et chacune d’elles en particulier, quant au nombre des côtés qui la com- posent, ne présente que de très légères différences, ainsi qu’on peut s’en assurer par le tableau que nous

ou CHÉLONIENS CHEaSITES. 15

faisons placer ici en note (l). Mais il n’en est pas de même pour l’étendue relative, qui varie au contraire beaucoup ; aussi aurons-nous le soin de l’indiquer exactement dans nos descriptions.

Jamais les plaques de la carapace ne sont parfaite- ment unies ou lisses à la surface dans les Cliersites, comme on l’observe dans beaucoup d’Elodites et chez presque toutes les Tortues de mer. Si cela arrive quel-

(1) Tableau du nombre de pans ou de cotés que présentent sur leurs bords les plaques cornées qui recouvrent la boîte osseuse des ChersUes.

NOMS DES TDAQUES. [Voyez tome i, page SgA. )

1

Première,

Seconde.

Troisième.

Quatrième.

Cinquième.

Nucliale

4

Margino-anlérieures. . . .

4 ou 5

Margino-brachiales

4

4

Margino-fémorales

4

4

4

Sus-caudale

4

Verléljrales

5 ou 6

6

6

6

6

Costales

6, 7, 8

6 ou 7

7 ou 8

6 ou 7

Axillaires

5, 4, 5

Inguinales

5, 4, 5

Collaires

4 ou 5

Humérales

4

Pectorales

5, 6, 7

Abdominales

6 ou 7

fémorales

4 ou 5

Anales

4

Voyez aussi , pour les figures , pl. 1 1 , les carapaces B et E.

i'D'RTÜËS l'ËRàfeSTËES

qùefois -chez les terrestres, ce n’est que 'sur des în'dî- vidus très âgés la surface s’est trouvée polie ou usée par le frottement. On remarque toujours sur la superfi- cie de chacune de ces plaques un espace plus ou moins étendu, légèrement enfoncé, granuleux ou rugueux, dont la forme est constamment la même que celle de la plaque sur laquelle elle se trouve, c’est-à-dire que cette partie rugueuse présente le même nombre de cûtés : c’est ce qu’on appelle X aréole.

Chez les jeunes individus, cette aréole occupe pres- que foute la surface de la plaque; elle se rétrécit d’au- (ant plus, semble d’autant moins étendue , que la Tortue prend plus d’âge. Car il serait peut-être plus exact de dire que c’est au dehors des lignes qui cir- conscrivent cette aréole, que la plaque qui la supporte prend son accroissement ; de sorte que celle-là ne [jaratt plus petite que relativement à l’étendue delà plaque entière.

Cet élargissement des plaques se fait pour les verté- brales d’une manière à peu près uniforme sur tous les côtés, il en résulte que l’aréole occupepresque toujours le centre; tandis que pour les costales, l’accroissement s’opère davantage du côté des plaques du pourtour que dans le sens du dos ; c’est du moins ce qu’indique la position de l’aréole plus ou moins rapprochée du bord supérieur de la plaque. A l’égard des lames cor- nées marginales , elles s’élargissent un peu en avant, beaucoup du côté des costales ; mais pas du tout en dehors ni en arrière de l’aréole, puisqu’elle est située en bas et en arrière ou dans l’angle postéro-inférieur de la plaque. Il en est h peu près de même pour les plaques cornées du plastron, sur lesquelles on observe l’aréoîfe Vers l’angle posiéro-externe ott'en dehbrs et en

ou ’CHÊLÔiSrtENS t'ÀfeîlÔl'ï'ES;

atrièrë. Lëè stries ou les traces linéaires enfoncées, qü’on remarque à la surface des plaques , semblent indiquer le nombre de couches de substance cornée qui a servi à raccroisseinent ou? l’élargissement de la plaque. On les nomme stries concentriques : ces lignes sont surtout très apparentes et restent long-temps distinctes chez les Chersites 5 elles ne s’effacent 'même que dans les individus qui sont fort avancés en âge. Quand cela arrive, on peut remarquer que l’àréole a disparu en même temps que les stries concen- triques, qui sont anguleuses comme les bords des plaques.

Après avoir indiqué les principales particularités que présente l’ensemble de la carapace des Chersites, nous allons faire connaître les modifications que les autres parties peuvent nous offrir, et examiner suc- cessivement la conformation de leur tête et de ses or- ganes , ainsi que celle du cou , des membres et de la queue.

Chez presque toutes les e^îèces, la tête est à peu près, proportionnellement, delà même grosseur. En général, elle est courte, épaisse , à quati'e pans , quel- quefois tout-à-fait plane en dessus comme en dessous; ou bien légèrement bombée sur le front et déclive en avant. Sa hauteur verticale est de devant en arrière généralement égale à la largeur de la moitié posté- rieure, dont la forme est carrée. Mais à partir des yeux jusqu’au museaù, qui est coupé brusquement, elle se rétrécit de manière que , vue en dessus , sa portion antérieure offre une figure triangulaire.

Les ouvertures externes des narines sont situées à l’exU’érnité du museau, immédiatement au dessus du bord médian 'de l’étüi corhé de îatnachoîresupërieur^,

’O TORTUES TERRESTRES

lequel se relevant de cliaque c6té de la membrane qui recouvre les cartilages du nez, présente par consé- quent une échancrure qui se trouve remplie par ceux- ci. Dans une tête dépouillée de ses parties molles, les narines paraissent ainsi avoir une ouverture commune quatre fois jilus gi’ande que dans les individus vivans. Ces ouvertures nasales se trouvent alors rapprochées l’une de l’autre, percées directement dans l’axe de la longueur delà tête et toujours parfaitement arrondies. Ce caractère, au reste, est commun à tous les Chélo- niens ; car il n en est pas qui aient comme les Sau- riens (les Crocodiles exceptés) et les Ophidiens, les nan'nes ouvertes latéralement ou seidement séparées par un assez grand intervalle, ainsi que cela a lieu dans les Batraciens.

Toutes les Chersites ont les jeux placés de côté et à fleur de tête; ils .sont toujours situés plus près du museau que de l’occiput, et environ d’un tiers plus rappi’ochés de l’extrémité antérieure. Il est rare que le diamètre de l’orbite ne présente pas la même di- mension que l’espace compris entre son bord inté- rieur et celui de la mandibule. Les paupières sont fendues obliquement de manière que l’angle anté- rieur est à peu près à la même hauteur que les narines, tandis que le postérieur est un peu plus élevé. La pau- pière inférieure, qui est plus haute et plus mobile que la supérieure, s’avance aussi un peu moins quelle au dessus de l’œil. Cette disposition permet aux Chersites d apercevoir plus aisément les objets qui sont à terre que ceux qui sont placés au dessus d’elles. Le bord de ces paupières est arrondi et lisse. Nous n’avons l’ien au reste à ajouter à ce que nous avons dit sur 1 œil des Chéloniens, k la page 4oo du tome précédent.

ou CHlitONlENS Cllf.r.SIÎES. M

si ce n’est que dans tous les individus que nous avons examinés vivans, mais qui, à la vérité, n’étaientpas des espèces nocturnes, nous avons constamment observé une pupille arrondie et non verticale et linéaire.

La membrane du tjmpan est toujours apparente , circulaire et assez large, ce qui n'existe plus dans les espèces éminemment aquatiques des trois autres familles de cet ordre des Cbéloniens.

Les Chersites ont le dessus de la langue évidem- ment papilleux. Cet organe est épais; il remplit la concavité de la mâchoire inférieure dont il prend la forme aiguë en avant : souvent son épaisseur est con- sidéi'able.

Jamais on ne voit chez les Tortues terrestres , de barbillons auxmâchoires, ni d’appendices cutanés mo- biles sur les eûtes du cou, comme chez plusieurs Élo- dites Pleurodères.

Le dessus de la tête des Chersites est garni de pla- ques cornées, depuis le bout du museau jusques un peu en arrière des yeux. Ceci est notaJde, car chez les Elodites, il n’y a que quelques genres qui ont des plaques sur la tête , el les Thaiassiles en ont sur toute la surface du crâne et des joues.

Ces plaques, qui, suivant la place qu’elles occupent, ont reçu des noms particuliers , varient pour le nom- bre et la forme d espèce à espèce, comme nous allons le faire connaître (i).

(1) Les plaques cornées qui recouvrent les os de la tête de la plu- part des Chéloniens, mais surtout des Chersites et des Thaiassiles , ont été nommées plaques céphaliques. On les distingue d’après les régions qu elles occupent ; ainsi on les appelle rostrales, nasales, ronto nasalesj frontales, antorbilaires ou lacrymales , sus-orbiuires

reptiles. II.

TORTUES TERRESTRES

Les étuis de corne qui enveloppent les os des mâ- choires sont très solides, simplement tranchans, ou plus ou moins denticulés. Celui de la mâchoire supérieure ou de la mandibule est toujours plus haut que celui de l’os maxillaire proprement dit. Très souvent sur le bord antérieur du premier il existe deux ou trois dents trèsmarquées ^quelquefois ce même étui de corne supérieur se termine en crochet ai}ru, sons-courhé, en sorte qu’il ressemble îout-k-lâit au bec de certains perroquets ; tel est celui des individus du genreHomo- pode. Chez beaucoup d’espèces , la surface interne de l’enveloppe cornée supérieure est marquée, d’une rai- nure qui suit la courbure du bord de la mâchoire in- (érieure qu’elle est destinée à recevoir. On remarque encore des lignes enfoncées et saillantes, qui corres- pondent , en sens inverse, à celles dont est marqué le J)ord externe du tranchant de la mâchoire. Une parti- cularité notable de la conformation de ces mâchoires, c’est qu’ elles sont parfaitement emboîtées, et qu’ elles ne peuvent agir que dans le même sens, comme des lames de ciseaux qui n’avancent ni ne reculent. On voit sur tout le bord libre de la niâchoii’e inférieure uue double rainure qui se trouve ainsi présenter deux li- jpies saillantes et tranchantes; l'une en dehors , qui dans l’état de rapprochement se trouve cachée par le bord externe de la supérieure, et une autre interne^ reçue dans une seconde rainure correspondante du palais, de sorte qu’il y a sous cette voûte osseuse un

ou surcilières, inter-orbitaires, posl-orbilaires, pariétales , temporales ou mastoïdiennes, syneipitales, occipitales. Celles de lali^iie moyenne^ sont ordinairement impaires et régulièrement syinétriqcjes.

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ou CHÉLONIENS CHERSITES.

encadrement de t rois lignes saillantes den ticulées, dont les courbes sont les mêmes que celles de la mâchoire inférieure , et deux rainures qui reçoivent, les lignes iraucliaules de cette même luàclioire.

Le cou et la tête peuvent constamment rentrer eu entier sous la carajiace. Mais dans cette sorte de ré- ditraction, qui s’opère pres(£ue toujours dans la ligne directe de la hauteur et non de droite à gauche, le cou se x'accourcit par le mouvement eu bascule des veitè- bres les unes sur les autres, comme nous l’avons déjà indiqué. Cependant la peau qui recouvre les muscles du cou ne suit pas tout-à-fait ces mouvemens ; elle est mobile ou non adhérente aux parois sous-jacentes, et à l’aide du muscle peaucier dont elle est garnie en dessous^ elle forme des plis circulaires qui se ramas- sent, se rapprochent, et forment ainsi une gaine au milieu de laquelle la tête se trouve placée , lorsque l’animal dans le danger vient a la faire rentrer dans la carapace. La surface de la peau du cou est constam- ment munie de tubercules on de grains d’épiderme plus solides, souvent colorés, qui en protègent le tissu en se rapprochant les uns des autres.

Nous avons déjà dit que l’un des caractères des Chersites était d’avoir les pattes ou les membres anté- rieurs et postérieurs de longueur égale, ou à peu près. Les bras et les avant-bras, lorsque la j)atte est étendue, sont dans une position telle, qu’ils paraissent compri- més d’avant en arrière. Leur mode d’articulation s’op- poseàcequ’ilspuissents’allonger sur le même plan;ils sont toujours courbés en arrière, même lorsqu’ils sont le plus étendus , ce qui tient d’une part à ce que l’os unique du bras est lui-même fortement cintré en de- hors, et d’autre parta ce que l’articulation par laquelle

’A.

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TOHTTJES TERRESTRES

il s’unit à ceux de ravant-l)ras , ne permet pas à ceux- ci de s’avancer assez pour se mettre sur une même li- gne droite.

La partie qui représente la main est également confondue avec l’avant-bras; cependant à l’endroit qui correspond au carpe ou poignet, il existe un léger pli de la peau qui indique qu’il peut s’y opérer un petit mouvement, mais qui n’est guère indépendant du reste de la patte. La paume est calleuse, quelquefois coupée obliquement, elle représente ainsi un moignon tronqué, semblable en petit au pied de l’Élépbant. Lorsque les Cbersites marchent, ou plutôt quand elles se traînent lentement, leur main est tournée oblique- ment en dehors; car jamais elle ne pose complète- ment sur le sol : c’est sur les ongles que ces tortues trouvent leur point d’appui.

Toutes les espèces, h l’exception de celles du genre Ifomopode, ont cinq ongles en devant , qui représen- tent les phalanges des doigts. Elles en ont également cinq en arrière; cependant ici le cimjuième n’est le plus souvent qu’une sorte de rudiment, car il reste caché sous la peau, et il ne porte pas d’ongle ou de petit sabot. Comme nous le disions d’abord, les Ho- mopodes n’ont que quatre doigts pourvus d’ongles, aux mains et aux pieds, ainsi que l’indique leur nom.

Si les doigts de devant et ceux de derrière ne sont pas du tout distincts ou séparés chez les Cbersites, c’est à peu près la même chose que chez les Thalassites, qui ont en outre leurs phalanges aplaties en nageoires; tandis qu’elles sont courtes et informes chez les Tor- tues terrestres.

Les ongles sont tantôt allongés, presque droits et tranchans ou pointus; tantôt ils süitt courts, obtus,

ou CHÉLONIKNS CHEIVSITKS.

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et. ressemblent en petit aux véritables sabots de quel- ques Mammifères Pachydermes.

Les tégumens de la face antérieure des bras et du dessus du poignet sont en général recouverts d’é- cailles ou de tubercules cornés beaucoup plus déve- loppés que ceux qui se voient à la face externe de ces mêmes bras et sur la jjlus grande partie des cuisses. Tantôt ces écailles sont simplement plates, arrondies ou polygones, placées ou non en recouvrementles unes sur les autres, et cela chez les individus qui attei- gnent la plus grande taille , comme dans les espèces de Tortues que l’on a nommées Élépbantine et Géante ; tantôt elles présentent de très gros tubercules cornés , qui, suivant les espèces, varient pour la formeet pour le nombre. Le plus souvent , à la vérité, ils sont coni- (|ucs, entuilés, pointus, et même ils descendent quel- ([uefois jusque sur les ongles avec lesquels ils ont assez de ressemblance pour qu’on puisse les confondre avec eux, car ils en ont la couleur et la forme. La Tor- tue sillonnée {Testudo sulcnta) nous offre ces tuber- cules développés au plus haut degré.

Les pattes postérieures présentent à peu près la meme disposition quant à la peau qui les recouvre. Un grand nombre de Cbersites portent à la partie supé- rieure et posicrieure de la cuisse, non loin de la base de la queue, soit un sim])le tubercule corné, soit un groupe de petites proéminences ou verrues coni- ques et pointues, analogues à celles des bras pour la lorme et le volume. Le talon ou la partie postérieure du tarse est garni dans quelques espèces de sortes d ergots ou d’éperons aplatis , qui souvent sont plus longs que les ongles eux-mêmes, avec lesquels ils ont aussi beaucoup de rapport pour la forme.

52 TORTUES TERRESTRES

Lorsque les Chersites étendent complètement les membres postérieurs, elles peuvent les allonger à peu près dans une direction droite : la peau qui les recou-